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Réformer l’agenda commercial de l’Afrique ou continuer à s’enfoncer plus profondément dans les griffes du néolibéralisme

Thursday 9 September 2021, by : MUTESI Scovia
    Yasomwe na

Nairobi, le 9 septembre

Réformer l’agenda commercial de l’Afrique ou continuer à s’enfoncer plus profondément dans les griffes du néolibéralisme.

Le Nord global convoite farouchement et largement l’Afrique pour ses ressources, mais, dans quelle mesure, l’Afrique est-elle préparée à contrer cet indéniable néolibéralisme de notre temps?

L’Afrique, un continent de 1,3 milliard d’habitants, doit donc revoir et élaborer des stratégies sur la façon dont elle commerce avec le Nord global pour éviter l’exploitation de ses ressources comme cela a été le cas à l’époque pré et post coloniale.

Ça veut dire que l’Afrique doit adopter trois approches critiques:-Résister à l’imposition occidentale, s’engager pour l’intégration continentale et construire des alternatives qui soutien dont une base économique solide.

Aujourd’hui, dans le 21ème siècle, avec un PIB combiné estimé à 29000 milliards d’ici 2050, l’Afrique se retrouve dans l’œil des rebondissements néolibéraux mondiaux qui ont jeté le continent dans un tourbillon de traités commerciaux et d’accords commerciaux avec le monde occidental qui ne sont peut-être pas entièrement la panacée pour la libération économique de l’Afrique.

≪La première chose que nous devons faire est de résister totalement à l’imposition délibérée de traités et d’accords commerciaux par l’Occident. Ensuite, nous devons engager en tant qu’Africains la question de notre fragmentation qui nous rend économiquement non viables et plus faciles à coloniser dans notre état actuel de division. Troisièmement, nous devons construire des alternatives qui peuvent être suffisamment bien articulées pour être mises en œuvre. Enfin et plus important encore, nous devons faire une pause, repenser et nous concentrer sur la réforme de notre politique et de nos systèmes commerciaux d’une étre inteéo libérale à un modèle fondé sur l’élément humain. Comme ça, nous aurons le pouvoir de combattre les adhérents du néolibéralisme à leur dogme et offre de meilleurs avantages aux peuples (africains) et à l’environnement ». Déclare le panéliste Brian Tamuka Kagoro, et un avocat panafricain.

Dans une série de webinaires récemment lancée, intitulée #Trade Treaties 101 sous le slogan #ReformAfricaTrade, Eco news Africa, une organisation panafricaine de recherche et de plaidoyer basée au Kenya qui s’occupe à combler les vides en matière d’informations locales, nationales, régionales et mondiales sur les questions de développement, en particulier sur le commerce et les investissements, ouvre la voie sur les réalités des questions épineuses des accords de libre-échange, des accords de partenariat économique et des options de l’Afrique pour actualiser sa libération économique commerciale.

Dans la première série de webinaires, intitulée “Africa Trading”, les réformes commerciale sétaient au centre de la scène. Mais, sommes-nous prêts? Déballage des accords et traités commerciaux entre l’Afrique (pays d’Afrique de l’Est) et le Nord global..

D’après un panéliste, Faith Lumonya, qui est le responsable de la justice économique et de l’action climatique chez Akina Mama Wa Afrika (AMWA), a fait écho aux sentiments de Brian Kagoro et elle a vivement interpellé les pays occidentaux, surtout l’Europe et l’Amérique, pour leurs doubles standards et leurs poursuites néolibérales de l’Afrique qui sont entièrement préjudiciables à la souveraineté économique du continent.

Elle a déclaré, ≪Le néo-libéralisme comme idéologie économique ne fait que drainer l’Afrique de ses ressources. Les accords de libre-échange sont profondément enracinés dans le néolibéralisme, le capitalisme et aussi le colonialisme. Le néo-libéralisme a défavorisé les africains et a grandement contribué à l’aggravation des inégalités déjà existantes »

Le néolibéralisme tel qu’il est établi dans les traités de libre-échange et les accords de partenariat économique, épouse des politiques de réforme axées sur le marché telles que l’élimination du contrôle des prix, la déréglementation des marchés des capitaux, l’abaissement des barrières commerciales et la réduction, notamment par la privatisation et l’austérité, de l’influence de l’État dans l’économie.

≪Les Africains doivent se demander si le néo-libéralisme sera encore bénéfique à l’avenir. Est-ce que l’Afrique a ses propres outils de négociation? Que faut-il changer? Y a-t-il des bonnes pratiques qui peuvent être adoptées ? » a demandé Faith.≪Durant la dernière décennie, l’Afrique a négocié à peu près 130 accords de libre-échange bilatéraux qui on tété mis en place juste après la dernière crise financière .Notamment, l’Union européenne et les États-Unis ont été particulièrement actifs dans ce processus. Il faut bien comprendre que la croissance économique et le PIB ne sont pas une mesure suffisante de la croissance ou de la transformation. Les pays africains sont non seulement soucieux de croissance mais aussi de développement et transformation de leur situation économique.≫

Les inégalités telles qu’elles sont énoncées dans les accords de libre-échange et les accords de partenariat économique intensifient les inégalités sociales et les disparités entre les pays africains, les enfermant dans un cercle vicieux de pauvreté et d’interdépendance.

≪Le fait que les accords de libre-échange soutiennent les idéologies du néo-libéralisme, il serait irréaliste de supposer qu’ils aboutiront au type de développement que nous souhaitons. Par exemple, comment le néo –libéralisme affecte la vie quotidienne des femmes, leur travail de soins non rémunéré et augmente la pauvreté. On constate que, dans l’intégration bilatérale, les femmes ne bénéficient que du commerce transfrontalier. Ce n’est pas nécessairement la valeur dont nous avons besoin. Pourquoi les femmes, par exemple, ont-elles été exclues de la participation au système commercial mondial » ? elle réfléchit.

Ces inégalités ancrées dans une approche néolibérale des politiques commerciales entre l’Afrique et le Nord global sont exactement la raison pour la quelle Brian Kagoro est fermement d’avis que les accords de libre-échange sont en fait contre-productifs pour le développement de l’Afrique.

Brian Kazoo, un autre panéliste, explique, ≪Je crois aux accords commerciaux justes. Les accords de libre-échanges uggèrent une libéralisation qui permet aux capitaux de se déplacer mais ne permet pas aux citoyens ordinaires de se déplacer. Sans liberté de mouvement dans l’enceinte des ALE, alors la notion de libre-échange devient simplement un commerce d’extraction ou une concentration de capitaux sur quelques-uns.»

Il ajoute, ≪Dans les ALE, l’engagement politique seul est insuffisant. Nous (l’Afrique) devons être techniquement compétents. En partie, nous avons échoué au niveau politique, car les mécanismes de responsabilité de nos gouvernements sont faibles. Par conséquent, nous avons laissé les institutions politiques internationales et les donateurs extérieurs s’occuper de nos négociations commerciales. Ce sont des experts qui sont idéologiquement enclins à l’agenda néolibéral. En conséquence, nous avons assisté à une production massive de pauvreté et d’inégalité. Notre incompétence technique nous coûte. Idéologiquement, même si nous croyons au commerce, cela suggère la dérégulation. L’idée que cela mène à la croissance est un mythe».

Selon Brian Kagoro, même si l’Afrique semble consolider sa base de pouvoir grâce au lancement de politiques apparemment progressistes comme l’Accord de libre-échange continental africain (ACFTA), la fragmentation des pays africains reste le plus grand défi.

≪L’Afrique est un grand marché fragmenté en petits pays. Il y a 10 7 frontières uniques à travers des pays dont les rôles sont si divergents. L’Afrique est toujours aux prises avec la libéralisation économique. L’idée qu’une révolution commerciale peut aider la façon dont nous commerçons avec le reste du monde signifie que nous devons rivaliser avec des blocs commerciaux organisés et des blocs économiques régionaux déjà présents dans les pays occidentaux avec lesquels nous ne pouvons pas rivaliser » dit-il.

Selon l’enthousiaste panafricain, les ALE n’ont pas fonctionné pour l’Afrique à cause du même dogme néolibéral qui va à l’encontre du statut même qui est actuellement l’Afrique. De plus, le manque d’uniformité et d’intégration dans nos lois et politiques n’augure rien de bon dans notre effort collectif vers le développement économique du continent. Par exemple, dans le contexte du commerce électronique, il n’y a pas de taxation harmonisée entre les pays africains, il n’y a pas de lois sur la consommation pour établir la confiance numérique, pas de normes et de procédures de commerce électronique généralement adoptées, pas même d’exigences harmonisées en matière de données. Ces lacunes, selon Brian, exposent la vulnérabilité de l’Afrique à l’exploitation et au pillage dans le cadre d’un accord ou d’un traité perçu.

≪La réalisation de l’intégration économique en Afrique est une composante essentielle du panafricanisme dans la réalisation de la diversification et de l’industrialisation. Cela ne peut pas se faire par la méga-libéralisation. Les marchés régionaux doivent déterminer les cadres juridiques et politiques dans les règles d’engagement. Les tribunaux doivent être indépendants; Un partage équitable des avantages au sein des pays et entre les pays doit être présent ainsi que des avantages mutuels et égaux » déclare Kagoro tout en soulignant les principales préoccupations.

Avant de nous lancer dans une trajectoire à part entière d’accords de libre-échange et d’accords de partenariat économique avec l’Occident, le continent africain doit en effet aborder certains domaines critiques de préoccupation;
● Nous devons nous occuper de la politique de la concurrence commerciale. Nous devons disposer d’un cadre pour gérer les politiques de concurrence afin que les cartels africains déclenchés par ces opportunités commerciales ne prospèrent pas.
● La protection des consommateurs est essentielle
Les Africains en tant que consommateurs sont rarement organisés et bénéficient rarement d’une protection des consommateurs. C’est une considération critique à faire.
● Plaider en faveur de la bonne gouvernance et de la responsabilité
● La question des obligations des investisseurs pour qu’ils se conforment aux lois nationales en matière de travail, de droits de l’homme, de droits des peuples autochtones et de protection de l’environnement doit être prioritaire.
● Nous devons faire les choses correctement avec les droits de propriété intellectuelle pour les petits joueurs. Comment assurer la non-discrimination des différents acteurs?

Sylvestre Bagoro, le chargé de programme au sein de l’Unité d’économie politique du Third World Network Africa a également accepté les suggestions ci-dessus. Selon lui, à cause de ces lacunes, l ’Afrique a formulé plusieurs politiques commercial est impressionnantes et progressistes qui ont malheureusement à peine été mises en œuvre. Ce manque de mise en œuvre de telles politiques par l’Afrique a été le fléau vers la réalisation du développement économique continental.

Il dit, ≪Nous, (les Africains) avons des politiques progressistes qui sont contestées avec l’intérêt national. Nous ne pouvons pas intégrer si nous n’atteignons pas nos politiques nationales sur nos politiques régionales. Lorsque nous voulons progresser au niveau régional, nos agendas nationaux vien en saper ces efforts. C’est ce que nous devons vivre pour harmoniser ». dit Sylvestre. « En tant qu’Afrique, si nous voulons nous intégrer, nous devons travailler sur l’infrastructure commerciale; par exemple, comment transportons-nous efficacement les produits du Kenya vers l’Ouganda ? Nous devons nous assurer que toutes nos politiques sont harmonisées au sein de l’Afrique alors nous devons améliorer nos capacités de production car si elles ne sont pas au même niveau que l’Occident, alors un accord de libre-échange ne peut pas nous aider ».

Il est donc obligatoire à l’ère des changements commerciaux mondiaux et d’une rué eperçue pour les ressources de l’Afrique qu’il devrait y avoir une approche redéfinie de la façon dont l’Afrique négocie le commerce de peur que nous ne retombons dans les pièges de la domination et de l’interdépendance comme l’a été la trajectoire post-colonialisme.

En plus, Faith Lumonya le souligne avec justesse, ≪Nous devons reculer comme l’ont fait les Cubains. Nous devons réimaginer et réécrire le type de développement que nous voulons et le faire en réfléchissant à nos histoires et à la façon dont celles-ci, en particulier le colonialisme et maintenant le néocolonialisme, façonnent notre agenda. Nous devons repousser le néolibéralisme, le capitalisme et l’impérialisme et tous les autres «ismes» qui nous ont amenés là où nous sommes».

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